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  • [Wiki] MAJ: 17/02/10

    7 mar 2009, 20:26




    Je réalise à ce jour, 2 ans après mon inscription, que beaucoup de biographies d'artistes parmi ceux de ma bibliothèque restent à écrire en . Du coup je me suis lancé le défi d'en rédiger au moins une quotidiennement* afin de "donner un coup de main" à Last.fm parce qu'il le vaut bien.

    Voilà la liste des artistes dont j'ai déjà pondu / ajouté / traduit / complété la bio, de la plus récente à la plus ancienne:


    Keiichiro Shibuya
    Evala
    Tim Hecker
    Lost In Hildurness
    Hildur Guðnadóttir
    telcoH.sys
    Senssurround Orchestra
    pxp
    Kernel
    David Toop
    Sachiko M
    Philip Jeck
    Bernard Parmegiani
    IRM
    Sistrenatus
    Pita
    Peter Rehberg
    *0
    0/r
    Richard Chartier
    Saul Wiliams
    Aleph-1
    Miki Yui
    Henrik Nordvargr Björkk
    Nordvargr
    MZ.412
    Hentai
    Kim Cascone
    So
    Zbigniew Karkowski
    Kasper T. Toeplitz
    Le Dépeupleur
    Kangding Ray

    (*oups, j'ai menti...)
  • [radio ninfr] sélection bronskienne playlist semaine #2

    27 aug 2008, 14:18

    You can listen to radio NINFR online here !


    Sélection bronskienne
    Les lundi et mercredi de 22h à minuit (fuseau horaire Europe/Paris)
    4:00pm - 6:00pm monday & wednesday (US/Eastern time zone)

    Toutes les nuits de 02h00 à 04h00 (fuseau horaire Europe/Paris)
    8:00pm - 10:00pm every day (US/Eastern time zone)


    Playlist semaine #2
    du 11 au 17 août 2008



    13 Ghosts II by Nine Inch Nails from Ghosts I-IV [The Null Corporation, 2008]
    Remixed By Peter Broderick by Machinefabriek from Kruimeldief (Machinefabriek Remixed) [no label, 2007]
    Nr. 3 by Angel from Nr. 1 - Nr. 10 [Bip_Hop, 2002]
    R.O.V. Mercurio (-210 m) by Olhon from Sinkhole [Eibon Records, 2006]
    Conversation Piece by Rudi Arapahoe from Echoes From One to Another [symbolic interaction, 2008]
    Rollen Rink by General Magic from Frantz [Mego, 1997]
    Thin Light by Rapoon from Time Frost [Glacial Movements Records, 2007]
    1 C A a 01x by Aleph-1 from Aleph-1 [iDEAL Recordings, 2007]
    Voice Follows Voice by Tsukimono from Imagine the Composer [Hockey Rawk, 2007]
    Conclusion by KK.NULL, Chris Watson & Z'ev from Number One [Touch, 2005]
    Part 2 by C-Schulz & F.X.Randomiz from Das Ohr Am Gleis [Sonig, 2007]
    Sex with Sun Ra (Part I - Saturnalia) by Coil from Black Antlers [Threshold House, 2004]
    Corona 1 by Main from Hz [Beggars Banquet, 1996]

    Kommisarie Olofsson by Bocksholm from The Sound Of Black Cloggs [Tesco, 2003]
    Part One by Rosy Parlane from Jessamine [Touch, 2006]
    -.. by Ryoji Ikeda (池田亮司) from +/- [Touch, 1996]



    ...in random mode !






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  • [radio ninfr] sélection bronskienne playlist semaine #1

    26 aug 2008, 20:52

    You can listen to radio NINFR online here !


    Sélection bronskienne
    Les lundi et mercredi de 22h à minuit (fuseau horaire Europe/Paris)
    4:00pm - 6:00pm monday & wednesday (US/Eastern time zone)

    Toutes les nuits de 02h00 à 04h00 (fuseau horaire Europe/Paris)
    8:00pm - 10:00pm every day (US/Eastern time zone)


    Playlist semaine #1
    du 04 au 10 août 2008



    25 Ghosts III by Nine Inch Nails from Ghost I-IV [The Null Corporation, 2008]
    Harmony in Blue IV by Tim Hecker from Harmony In Ultraviolet. ( kranky ) [Kranky, 2006]
    Rähinä I / Mayhem I by Pan Sonic from Kesto (234.48:4) (disc 1) [Blast First, 2004]
    Magyar Energia by Einstürzende Neubauten from The Jewels [Potomak, 2008]
    10m by Chris Watson from Oceanus Pacificus [Touch, 2007]
    Oto by Fennesz + Sakamoto from Cendre [Touch, 2007]
    Xylin Room by Autechre from Draft 7.30 [Warp, 2003]
    organs lost at sea by Lawrence English from Kiri No Oto [Touch, 2008]
    Plastic Star by Byetone from Plastic Star EP [raster-noton, 2008]
    C1 by Cyclo. from [untitled] [raster-noton, 2001]
    Meltwater by The Higher Intelligence Agency & Biosphere from Polar Sequences [Beyond, 1996]
    o- by Panasonic from A Fault In The Nothing (Disc 2) [Ash International, 1996]
    014 +- 8.02 by Fennesz from plus forty seven degrees 56' 37" minus sixteen degrees 51' 08" [Touch, 1999]
    Hive 2 by Joe Colley from Hive [Ferns Recordings, 2007]
    Sweet Love for Planet Earth by Fuck Buttons from Street Horrrsing [Atp Recordings, 2008]
    Angina Cordis by Aube from Cardiac Strain [Alien8 Recordings, 1997]
    Impotent Hummer by Kevin Drumm from Sheer Hellish Miasma [Editions Mego, 2007]


    ...in random mode !






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  • [NIN] compte-rendu d'Amsterdam à la sauce soliloquante

    2 apr 2007, 03:55

    Mer. 21 mars – Nine Inch Nails, Ladytron

    Nous eûmes beaucoup de chance avec la miss Fugueater - ma compagne de route - notre voiture s'est retrouvée par un heureux hasard sur la bonne voie à Amsterdam avec seulement deux heures de retard sur l'emploi du temps que nous nous étions fixé. J'emploie ici le mot chance parce que cela aurait pu être pire, et comme chacun sait, il n'y a pas de limite au pire: nous aurions pu renverser quelques cyclistes, nous aurions pu heurter quelques tramways,... nous aurions pu nous perdre encore un peu plus.

    C'est la toute première fois que je me rendais en Hollande. Pour me souhaiter la bienvenue, ce pays m'offrit deux jours durant un ciel teinté de bleu et de jaune. Son sens de l'hospitalité, je le sentis vigoureusement chaque fois que je m'exposais à la température extérieure...

    Nous nous engageâmes dans la queue réservée aux membres Spiral tôt. Mais évidemment pas assez tôt et il y avait quand même un petit paquet de monde devant nous. Nous eûmes encore beaucoup de chance avec la miss Fugueater puisque aucun événement privilégié ne vint s'inscrire au programme (bon là l'emploi du terme chance est pure ironie. Nous n'avons pas eu le droit à une meet avec le groupe. Pas de soundcheck non plus, ou en tout cas pas à l'intérieur, contrairement à certaines dates de cette tournée...). Si bien qu'une fois la nouvelle répandue dans les rangs, la plupart de nos camarades de queue prirent la poudre d'escampette. Nous pûmes ainsi librement gagner les quelques mètres ultimes et nécessaires à l'accomplissement de notre stratégie initiale: occuper la barrière de sécurité. C'est la première fois que je m'essaye à cet emplacement. C'est que j'eus envie de profiter pleinement de mon statut de « guest » gentiment offert, en bénéficiant des places de choix que je n'aurais sans doute pas l'occasion de tester autrement ! Pour mon quatrième concert sur cette tournée, je me préparais à vivre encore une expérience inédite car sous un angle nouveau… C'était excitant, d'autant plus que pénétrer dans l'enceinte du Paradiso dans les premiers nous a permis d'entendre en exclu le fameux remix de Survivalism par Saul Williams (ndr: Survivalism_Tardusted sortira officiellement quelques jours plus tard en face B du single).

    Je passe la prestation de Ladytron, toute en charme et en sensualité, qui aura au moins su captiver mon regard et donner matière à de prochains doux rêves érotiques…

    Je passe les quelques minutes d'attente qui virent entre autre moults roadies occuper l'espace habituellement réservé aux types de la sécurité… et qui dévoilèrent l'ampli du Aaron complètement massacré.

    Je passe plus rien parce que le show commence. Nous n'eûmes pas le droit à Pinion en introduction. Nous n'eûmes pas non plus The New Flesh. Nous eûmes un truc que je n'eus pas reconnu du tout sur l'instant et qui s'avérait être le début de Pilgrimage ! Intro relativement rare (ndr: que vous pouvez entendre sur les boots du premier Lisbonne et du Manchester) et plutôt efficace puisqu'elle joue la carte de la surprise
    … puis là-dessus retentirent des coups de grosses caisses qui annoncent immédiatement un Mr Self Destruct déterminé. Voilà un titre que j'attendais. Le groupe ne l'avait joué sur aucune des dates françaises. Je me dis que j'ai bien fait de faire le déplacement. Je remarque des tâches de farine sur tous les vêtements, comme à la grande époque. Je me dis que c'est bon signe
    … puis embraye Last. Yeah! Mon morceau préféré qu'on avait déjà eu la chance de découvrir en live le premier soir à l'Olympia. Je me redis que putain j'ai bien fait de faire le déplacement et que jusque là, c'est carrément LA setlist de mes rêves ! Pourvue que ça dure ! Pourvue qu'il joue Heresy, Ruiner, The Becoming et, soyons fou, We're In This Together
    … puis arrive Heresy. Waou ! Je me dis Profite bon sang, Profite ! et donc je bouge mon petit corps de plus bel. Je me dis que ça aurait été bien si j'avais été dans le cœur de la fosse comme à mon habitude, car les mouvements contre la barrière sont tout de même assez limités. Sauf que quand je me suis retourné pour jeter un œil, le public n'avait pas l'air de se remuer plus que ça. Je me dis que finalement le premier rang, ça le fait bien quand même ! Je me dis aussi que demain, forcément on va avoir droit à des merdes en comparaison à la setlist actuelle. Je me redis Profite ! Mais il eût sembler que l'Américaine qui était dans mon dos se soit dit la même chose, en s'autorisant à poser ses mains pleines de doigts sur mes épaules
    … puis vient March Of The Pigs, soit le premier titre classique de cette setlist. Je me dis que là il enfonce le clou en continuant dans la gamme des morceaux rentre-dedans, et c'est tant mieux ! Je me surprends à penser à la prestation de Belfort 2000, ma référence, et me dis que ce que je vis là, c'est encore mieux ! (ndr: je m'étais dis la même chose au second Olympia) Je me plais à croire qu'un jour il cessera de jouer le traditionnel troisième acte de la chanson, histoire de surprendre l'auditoire qui en est forcément devenu familier depuis AATCHB, et je me dis Et pourquoi pas aujourd'hui ? Mais non. Je me demande pourquoi là, avec cette tournée, j'ai l'impression que le Reznor fait son grand retour alors qu'il n'était jamais parti ! En deux lettres, je donne l'autorisation à la grosse de poser librement ses mains sur mes épaules. Je me dis que toutes ces années d'anglais n'auront pas été vaines
    … puis Piggy. Et merde ! J'eus une petite pensée pour l'ami TRM qui déteste cette chanson en live, et qui s'est retrouvé à pousser la chansonnette dessus sur le concert de Bruxelles. Je prie intérieurement pour que cette mésaventure ne m'arrive pas à moi. Je me répète, juste au cas où, que toutes ces années d'anglais n'auront pas été vaines. Je me dis que là ça fait un peu comme à l'école, comme quand j'angoissais à l'idée d'être interrogé oralement sur des thèmes plus ou moins ennuyeux. Finalement je me surprends à aimer cette interprétation. Le Trent fini par jeter son micro dans le public, m'ébloui la gueule avec son projecteur et utilise son curieux bidule à cordes. Je suis presque déçu de pas avoir pu choper le micro. Je me dis que là ça fait vraiment comme à l'école, comme quand j'étais soulagé de pas avoir été interrogé. Maintenant que tout danger est écarté, je me dis que de toute façon j'aurai assuré. J'appris plus tard que la meuf qui avait réussi à chanter dedans était la troisième française
    … puis The Line Begins To Blur. Oh non, pas elle ! Qu'est ce tu nous fais bordel de chiottes ! ça avait si bien débuté ! Je me dis que dans la vie, on peut pas tout avoir, qu'il y a des hauts et des bas, et que tout à l'heure on a eu les hauts. J'en profite pour mater Jeordie puisqu'après tout j'étais juste placé en face de lui. Mais étant donné que je l'avais snobé depuis le début du concert, ce con n'a même pas eu l'outrecuidance de me prêter un peu d'attention
    … puis Closer. Je me dis quand même qu'il manque au moins deux synthés sur scène. Je me dis que le DVD Beside You In Time c'est mieux de le regarder avec les sous-titres. Je me dis c'est con que ce soit une barrière devant moi
    … puis The Beginning Of The End. Je suis ravi qu'il la joue. L'interprétation live n'a rien d'exceptionnel, mais plus j'entends cette chanson et plus je l'aime. Je me dis vivement la sortie de Year Zero, pour l'écouter enfin de manière optimum. Je me dis vivement la sortie de Year Zero tout court. Je me dis que c'est une bonne chose qu'elle soit en piste 2. Je me dis que c'est une bonne chose aussi que In This Twilight soit en piste 15. Je me dis que j'aimerai bien entendre in This Twilight. Je me dis que j'aime bien Eric Serra. Je me dis que c'est quand il veut qu'il balance son tambourin. Je me dis enculé
    … puis Burn. Un classique. Burn
    ... puis Wish. Un classique. Je me dis que le Reznor a eu raison de congédier le Dillon. Je me dis que la double pédale de grosse caisse, ça le fait beaucoup mieux. Je me dis vive Josh Freeze.
    … puis Help Me I'm In Hell. Aaah! Ça veut dire qu'arrive
    ... Eraser, soit le clou du spectacle, le morceau le plus captivant visuellement.
    … Reptile. C'est toujours agréable de l'entendre celle-là, d'autant que j'ai l'impression qui la joue de moins en moins, surtout après Eraser, comme sur le disque. Je crois que c'est sur ce morceau que le Aaron vient causer à l'oreille du Jeordie. Je me dis qu'on dirait deux ouvriers qui essayent se parler par-dessus le bruit de leur machine.
    … puis Survivalism. J'adore Survivalism. Cette chanson m'excite, je ne sais pas pourquoi. Il me semble que le groupe la joue différemment ici (ndlr : j'ai lu la même remarque sur ETS !). Je me dis que décidément le morceau n'a pas fini de se dévoiler
    … puis No, You Don't. Je me dis que cette barrière me fait chier. Je me dis que j'aurai pas de torticolis de toute manière. A la fin de la chanson, le Reznor annonce que c'est l'anniversaire du Aaron aujourd'hui. L'autre à l'air surpris et géné. - Ça te fais quel âge ? 19 ?- Je me dis quel plaisantin ce Trent. Ce dernier envoie le micro dans le public pour qu'on lui chante Happy Birthday, mais le type qui monopolise l'appareil a l'air motivé par autre chose. Le Trent lui fait comprendre avec standing que c'est pour chanter la fameuse chanson. Du coup, c'est une meuf super disposée à combler Dieu qui donne le la. Le Reznor il est content, tandis que le Aaron n'en a rien à foutre
    … puis Only. Ouais, c'est la fête. Normalement, je suis pas fan de l'interprétation en live de ce morceau, mais là ça sonne plutôt bien
    … puis Suck. Un classique. Je me dis à haute voix, et en anglais, quel effet ça fait ?
    … puis Hurt, soit la chanson qui me saoule le plus dans le répertoire live. J'en ai ma claque de l'entendre toujours et encore. D'ailleurs, j'ai l'impression que le Trent sort à chaque fois un peu plus du cadre de la musique pour lorgner celui de la comédie. Cette fois-ci, il décide de la jouer beaucoup plus lentement qu'à l'accoutumée. Et notre ami Alessandro balance quelques basses fréquences assez tôt, c'est à dire dès le premier What have I become. Je me dis que le morceau est meilleur comme ça. La barrière vibre et mon petit corps aussi du coup. Les sensations sont à ma grande surprise au rendez-vous. Finalement, j'ai même pas besoin d'attendre que tout le monde se mette à chanter et que la batterie se fasse entendre pour frissonner. Et le plaisir s'accroît au fur et à mesure qu'on s'approche de la fin. Je crois pouvoir dire que c'est la meilleure version de Hurt que j'ai entendu
    … puis The Hand That Feeds. Je me dis que toute cette croisade n'est peut-être que parodie. Je me dis que je veux pas sauter. Je me dis vivement le morceau suivant mais pas trop vivement non plus parce que je sais ce que ça signifie
    … puis Head Like A Hole. Je me dis que j'ai trop envie de rejoindre le coeur de la fosse, là où c'est vivant, où la participation est la plus active. Me retrouver ainsi directement face au groupe est une sensation étrange. Je me dis qu'un concert est avant tout un rendez-vous dans un lieu donné entre des musiciens et un public. De là où je suis, il n'y a pas de public ! Je l'entends seulement. Je ne le vois pas. Je ne le sens pas beaucoup non plus. Je me dis que c'est assez déroutant comme situation, mais pas entièrement désagréable pour autant. Elle offre aussi son lot d'intérêts, comme par exemple contempler sagement le Aaron smasher son instrument sur son ampli pourri et de grimper dessus. Je me dis que le changement c'est excitant. Je me dis vivement demain.






    Jeu 22 mars – Nine Inch Nails, Ladytron

    Le second soir, nous fîmes la queue très tôt. Comprenez par là que nous étions juste derrière le noyau dur formé par les fans hardcore américains, qui fit le pied de grue dès 9 heures le matin. Il faisait froid et un roadie venu souhaiter le bonjour à ses compatriotes constata que le temps n'était pas californien (anecdote futile, je vous l'accorde. Mais pour une fois que j'eus compris tout seul ce qui se disait…). Nous attendîmes un peu. Nous attendîmes beaucoup (c'est dans ces instants-là que votre serviteur eût repéré dans le rang la circulation d'un CD-R sur lequel était inscrit 21-03-2007 (ndr: ce boot n'est à l'heure actuelle toujours pas disponible sur le net. Mais si ça se trouve c'était pas un enregistrement sonore mais seulement des photos, on sait pas... )). Nous attendîmes à la folie, puis passionnément. Enfin, nous arrêtâmes d'attendîmes.

    Une fois à l'intérieur, je fis ce que je n'avais pas eu le temps de faire la veille, c'est à dire le tour du propriétaire. Le Paradiso, comme vous ne le savez peut-être pas, est un lieu mythique, une église désaffectée édifiée toute en briques rouges. Elle n'est pas bien grande (imaginez l'Olympia en moins profonde et en moins large, avec un bar situé dans un coin et la technique dans l'autre) et comprend deux niveaux de balcons librement accessibles et assez étroits. La scène est toute ridicule pour un groupe tel que NIN et les vitraux qui la surplombent ont été recouvert par un rideau (ce qui était fort regrettable !). Les autres verrières ont toutes été condamnées. Enfin, contrairement en France où la majorité des salles offre des espaces totalement noirs ou en tout cas très obscures, ici les murs sont couleurs crème.

    Je passe sur la performance de Ladytron et sur les mollets relativement volumineux de la musicienne allemande, pour me concentrer sur l'épaisseur de l'élastique du string dont je peine à distinguer les traits sous la robe en soie noire que porte la chanteuse principale qui finira un jour ou l'autre par me rendre fou si ce n'est déjà fait comme pourrait en témoigner ce présent symptôme qui m'oblige à écrire bien malgré moi des phrases dont la longueur n'a d'égale que l'absence de ponctuation et d'intérêt.

    Je m'arrête un instant pour parler des autochtones quand même et de leur état d'esprit, parce que moi après ce concert, j'aurai pas le temps, j'irai me coucher. Les Néerlandais sont des gens assez beaux. Les Néerlandais sont des gens assez grands. Les Néerlandais sont des gens assez cools et à l'aise dans leurs baskets. Les Néerlandais sont des gens qui papotent beaucoup pendant un concert de Nine Inch Nails et qui continuent de siroter leur mousse comme si de rien n'était en plein cœur de la fosse. Les Néerlandais sont des gens rock'n'roll et c'est tant mieux ! Enfin, les Néerlandais sont bizarres après un concert de Nine Inch Nails. Ils restent sur place, se tournent vers leurs voisins et papotent encore tranquillement. Si bien qu'un quart d'heure plus tard, on a l'impression qu'il va encore se produire un truc sur scène, mais en fait non, c'est juste des Néerlandais entre eux.
    Sinon, le reste du temps quand ça va pas à un concert de Nine Inch Nails, les Néerlandais font beaucoup de vélo. C'est pour ça que la vente et la consommation de résine de cannabis sont tolérées. (tiens, je remarque que le correcteur d'orthographe de ma version de Word reconnaît le mot cannabis. J'essaye cocaïne. Il le reconnaît aussi. Crack aussi. Héroïne aussi. LSD aussi…)


    Donc depuis la fosse, voici le show du 22 mars :

    … Somewhat Damaged. Yo ! Je garde un excellent souvenir de l'interprétation de ce morceau à Paris. J'espérais secrètement qu'il la ferait ici en guise d'apéritif. Je me dis que j'ai du bol. Elle est jouée moins in your face qu'à Paris, avec moins de hargne, mais elle dépote bien quand même. Je m'excite un peu et constate avec déception que je suis tout seul à m'emballer. Les Néerlandais restent cois. Je me dis que c'est foutrement dommage. Je me dis que je dois m'adapter. Je me dis merde, pourvue que ça se passe pas comme ça pendant tout le concert.
    … Sin. Les Néerlandais semblent déjà un peu plus réceptifs. C'est alors que le sosie un peu éméché de Rod Stewart déboule avec sa nana, et bouscule pas mal de monde. Je me dis qu'il faudrait qu'un de ces quatres je jette une oreille quand même sur Eurythmics. Mais ça y est, la sauce prend. On me rentre dedans, on me presse. Je défonce le mur formé devant moi par quatre néerlandais géants et je me retrouve projeté tout devant, pile en face du Reznor. Je suis alors à un mètre de la barrière de sécurité et il y a déjà une queue de trois personnes devant moi !
    … Terrible Lie. Cool ! Ma chanson préférée sur le premier album. Pendant un court instant, j'ai cru qu'il s'agissait de Head Like A Hole, et je n'en ai pas cru mes oreilles qu'il la joue si tôt. J'ai repensé à Belfort 2000. Et puis, j'ai réalisé que j'étais à côté de la plaque. Je me suis dit voilà un troisième morceau. Je me suis dis que ça allait trop vite. Je me suis dis que jusqu'à maintenant, on avait eu droit à des supers titres qui n'avaient pas été joué la veille. Je me suis dit que la vie était belle aujourd'hui encore
    … March of The Pigs, soit le morceau le plus violent. Je me suis pas dis grand chose. Je crois que je me suis bien amusé.
    … Something I Can Never Have : Jeordie, avachi sur son clavier. Mais superbe interprétation qui continue après les applaudissements pour se nouer dans les premières notes du morceau suivant qui est
    … The Frail/The Wretched. Youpi ! Je me suis dis que ça faisait longtemps que je ne l'avais pas entendu. Je me suis dis que ça faisait du bien par où ça passe. A la fin du morceau, je m'essaye à crier un peu. Je commence par pousser un wooouuuuuu. Je me dis que je fais super bien le wooouuuuuu. Du coup, je fais plein de wooouuuuuu partout
    … Closer. Je remarque que l'intro est partie en couille. On distingue le petit beat métronomique qui fait office de Charleston, mais pas encore le gros beat pervers qui fait remuer nos corps ! Je me dis que j'aime bien aussi quand ça part en couille, ça rend le morceau plus original. Je me dis que c'est con que ce soit un mec devant moi, wooouuuuuu
    … Ruiner. Cool. On l'avait déjà eu pour le premier Olympia, mais étant donné quand même qu'on a peu eu l'occasion de l'entendre beaucoup en live depuis sa création, je la voulais absolument. Là j'entreprends une série magnifique de wooouuuuuu, des courts, des longs, des aigus… qui s'achèvera en même temps que le concert, mais je décide de vous les épargner
    … Gave Up. Un classique qui me lasse décidément de moins en moins en live
    … Help Me I'm In Hell. Je me dis que le mec qui porte le gros néon stroboscopique rouge doit en avoir marre de faire ça tous les soirs. Je me dis qu'à raison de 2mn de boulot par date, sur l'ensemble de la tournée, ça représente en gros 1h15. Je me demande combien il doit toucher. Je me dis quand même que c'est un effet visuel bien artisanal. Je me dis il est où le temps des écrans high-tech avec des vidéos exclusives de Bill Viola. Je crois aussi que je me suis dit que le rouge était une belle couleur
    … Eraser. Un classique sur cette tournée qui produit toujours son petit effet avec le balancement des lanternes. Je me suis dit que finalement y'avait pas besoin de toute cette merde high-tech, qu'avec cinq ampoules tout le monde il est content aussi. A la fin, parmi toutes les banderoles, le Trent en remarque une évoquant la Nouvelle-Orléans. Il demande à ceux qui l'exhibent s'ils sont originaires de là-bas. Après une réponse positive, il prend un air grave. Je me dis que moi qui viens d'Orléans, j'étais là bien avant ces nouveaux. Je me dis que j'aurais dû réaliser moi aussi mon affiche. Le Reznor dit que voilà justement une chanson qu'il a écrite là-bas, et il entame
    … The Fragile, seul au piano. Je me dis qu'on se croirait presque aux MTV React Now. Sauf que moi, pour l'avoir déjà entendu à Paris, je préfère de loin la version des MTV Music Awards. Je me dis quand même que je suis exigent. Je me dis vive l'arrivée de la batterie et des guitares. Mais je me dis que ça ne décolle toujours pas assez.
    … Wish. Un classique, toujours aussi violent. Je crois que c'est la chanson que mes lacets ont choisi pour se dénouer. Je me dis saloperie. Et ô surprise, les Néerlandais sont aussi des gens super attentionnés. A peine baissé, je sentis sur mon petit corps huilé de sueur plusieurs branches manuelles désireuses de me soutenir en cas de mouvement de foule précipité. Je me releva sain et sauf, et avec la civilité qui me caractérise, je remercia les plus belles d'entre elles
    … The Big Comedown. Génial ! Il ne l'avait pas joué la veille ! Je me dis que le Trent doit bien aimer se cambrer. Je me demande pourquoi il nous montre son cul. Je me dis qu'il y a sans doute des indices cachés dans sa chorégraphie
    … Survivalism. Elle m'excite cette chanson. Il y a un je-ne-sais-quoi dans le rythme qui fait que je ne suis pas prêt de m'en lasser. Pour le moment, tant qu'elle me fait de l'effet, je ne cherche pas à comprendre le pourquoi du comment. Je préfère laisser la magie opérer
    … Only. J'aime danser sur Only, et tant pis si ma dignité en prend un coup. Autour de moi, c'est vraiment la fête. J'emploie le terme de fête toujours avec parcimonie. Je déteste la fête. Le fait de s'amuser sur commande avec plein de monde autour tel jour à telle heure ne m'a jamais emballé. Je n'ai jamais su faire semblant non plus. Mais si vraiment il y a un sens au mot fête, alors je choisirais de l'illustrer via Only live. A la fin de la chanson, le Trent demande à ceux présents la veille de lever la main. La majorité s'exécute. Il nous dit que s'il avait su il aurait joué qu'un seul soir mais deux fois plus longtemps. Parce que c'est l'anniversaire du Aaron (encore). Là-dessus, deux créatures plantureuses en sous-vêtements se pointent avec un gâteau au chocolat. Je me dis que c'est typiquement le genre de gâteau qu'on balance à la figure. Le Aaron s'est senti encore plus gêné que la veille (et pour cause !) mais exige tout de même le bisou. Sitôt après, le gâteau fini au milieu de son visage. S'ensuit une petite bataille et le Trent en balance une part dans le public. Je me dis quand même que ces dernières années, on a peu eu l'occasion de voir le Reznor sous ce jour, souriant voire rieur, plus léger et moins professionnel. Incontestablement, on voit qu'il prend du bon temps, qu'il est là pour le plaisir et pas nécessairement pour délivrer la meilleure performance possible. Je me dis que j'ai de la chance d'être présent
    … Suck. Suce le gâteau au chocolat pendant qu'Aaron fait sa toilette. Le Trent finit par jeter un micro dans le public pour chanter I'm so dirty on the inside
    … The Day The World Went Away. RraaAAH ! J'allais l'oublier celle-ci, ma chanson préférée extraite de The Fragile. Je me dis merde comment ça se fait que Amdbl n'aime pas cette chanson. Les paroles sont fortes quand même. Na na na c'est vachement universel, ça parle à tout le monde. Et puis le clip est super chouette. Je me dis que le Reznor aurait dû garder la coiffure qu'il arborait dans ce clip. Je me dis que finalement ce sont les cheveux du Reznor qui étaient partis et qui font avec cette tournée leur grand retour. Je me dis aussi que ce morceau est sans aucun doute le plus artistique avec Ripe (with decay) de toute la discographie de NIN (mais ne me demandez pas pourquoi). Je me dis que c'est dommage qu'on néglige autant Ripe (with decay)
    … Hurt. Ferme ta gueule
    … The Hand That Feeds. Ferme ta main. et saute
    … et le final Head Like A Hole. Ferme ta tête (pardon.) Je ne me dis rien sur cette chanson, je me laisse aller. Je profite de ces derniers instants pour rentrer dans le lard des plus bourrins. Je me dis qu'après ça, je me sentirais mieux dans mon corps. Je chante aussi, tant qu'il me reste un semblant de voix. Et je le vis. Il avait l'air de m'attendre. Un médiator jaune pétante gisait par terre entre deux baskets. Je puisa dans ma dernière réserve de souplesse pour l'atteindre. Et je me dis que c'est con quand même d'arriver à l'âge de vingt-six ans et demi et de pas avoir pris conscience plus tôt de l'indispensable usage des ongles. Je vis toute ma vie défilée : l'expression de la vendeuse du Mégastore sur Time Square quand elle a deviné que son client n'avait pas encore atteint la majorité en juillet 1998, la forme de mon sac en plastique après avoir vidé le rayon import d'un disquaire londonien en février 1999, le parfum de la désirable Julie qui m'a accompagné à Paris un soir de novembre 1999, l'intransigeance du sol de la gare de Belfort l'été 2000, le ticket du parking de la Villette tellement humide qu'il pouvait plus rentrer dans la machine une nuit de juin 2005, le goût de mon Yop saveur banane sous la brise lilloise le mois dernier, la délicatesse de bras inconnus il y a encore quelques minutes… Putain, merde ! J'ai intérêt à me grouiller. Je me dis que plus jamais je me rongerai les ongles. Je me suis ressaisi et triompha. J'exultais. Et je rangea mon trophée brillamment acquis discrètement dans ma poche, à l'endroit même où mon kleenex avait pris congé. C'est d'autant plus glorieux que la veille, j'étais le seul à ne pas avoir pu récupérer d'article autour de moi. Tout mon entourage avait été savamment récompensé, sauf moi. Dans les dernières minutes de la dernière chanson de mon dernier concert, j'avais pris ma revanche. Et puis, je l'avais gagné dans les règles, proprement. Pas besoin de photo-finish, j'étais seul dans mon couloir, j'étais seul sur ma piste. Pas comme dans les quelques instants d'après, où deux gars qui se disputaient un lot identique au mien allaient presque en finir aux mains. Ils salissaient la discipline, c'était moche.